Les massages pour bébés

Dans de nombreuses sociétés, notamment en Asie et en Afrique, le massage des bébés est une tradition, au même titre que l’emmaillotage ou le portage en écharpe. Ce petit rituel est avant tout un moment de détente et de complicité entre le parent et son enfant, mais pas seulement. Les massages peuvent aussi aider les nourrissons à prendre conscience de leur corps et soulager certains de leurs maux (coliques, poussées dentaires…).

« À travers le massage de leur bébé, les parents vont pouvoir communiquer et créer du lien avec leur enfant, explique Cécile Cortet-Pham, masseuse-kinésithérapeute spécialiste de la périnatalité. C’est un moment d’échange intense, d’abord par le toucher, mais aussi par le regard et la parole. L’important, c’est d’avoir conscience qu’il ne s’agit pas nécessairement d’un geste technique, et qu’il passe souvent par une phase d’expérimentation. Ce toucher, qui a été perdu dans notre société, est instinctif. Il faut juste se donner le temps de l’apprivoiser. »

Quels sont les bienfaits de ces massages ?

Les parents qui choisissent de masser leur bébé le font, en priorité, pour partager avec lui un moment de tendresse et de complicité. Car c’est bien là la vocation première du massage : leur permettre d’établir, par le toucher, une communication affective avec leur enfant. La peau a cette capacité formidable de mettre les êtres en contact les uns avec les autres. L’amour, la sécurité, l’apaisement… les émotions n’ont pas toujours besoin d’êtres nommées, elles peuvent aussi être transmises par la peau et nombreuses sont les sensations qui passent par le massage. Il met tous les capteurs de notre corps en branle, y compris nos hormones. En effet, le toucher favorise également la stimulation de l’ocytocine, qui n’est autre que l’hormone de l’attachement.

Mais si le massage est pratiqué dans le but de procurer du bien-être à son bébé, il a d’autres bienfaits. Il permet aussi à l’enfant de prendre conscience de son propre corps, et ce, à la fois par le toucher, mais aussi par la parole. C’est pourquoi les mamans et les papas sont invités à parler à leur bébé pendant le massage : « Je prends maintenant ton petit pied, et je remonte tout doucement vers le haut de ta jambe… ».

Enfin, tout comme la plupart des massages pratiqués pour les adultes, les massages pour bébés peuvent aussi soulager une souffrance ou une tension et avoir un but thérapeutique. Ainsi, certains gestes peuvent atténuer les douleurs des coliques des nouveau-nés ou plus tard, celles des poussées dentaires.

Quand peut-on masser son bébé ?

Un nouveau-né peut être massé dès les premiers jours qui suivent la naissance, à partir du moment où les parents se sentent prêts à le faire. Les premiers temps, le massage ne dure que quelques minutes, puis il s’allonge au fur et à mesure que l’enfant s’y habitue. Le plus important, c’est de savoir trouver le bon moment, pour l’enfant, mais aussi pour le parent. « Attention, nous met en garde Cécile Cortet-Pham, les bébés ne sont pas toujours disponibles pour un massage. C’est avec le temps et l’expérience que l’on apprend à reconnaître les bons moments. Mais les parents aussi doivent apprendre à isoler les temps où eux-mêmes sont disponibles. Le massage est un moment de détente, il ne doit pas être impérativement casé dans un planning surchargé, sinon, il perd tout son caractère positif. » Savoir que son bébé est disponible pour un massage n’a rien d’une évidence. Chaque enfant étant unique, les signaux sont différents pour chacun. Néanmoins, au fur et à mesure que les parents apprennent à connaître leur enfant, ils parviennent à identifier les moments les plus propices pour un massage, par exemple ceux où l’enfant est éveillé et de bonne humeur (il sourit, gazouille…).

« Pour pouvoir partager un moment de bien-être avec son bébé, souligne Cécile Cortet-Pham, il est vraiment nécessaire d’être soi-même détendu. Avant de masser à son bébé, il est parfois bénéfique de prendre quelques minutes pour relâcher ses propres tensions, pour se poser et se recentrer. Car ce n’est qu’en ressentant soi-même cet état de relaxation et de décontraction que l’on pourra ensuite le transmettre à son bébé. »

Comment s’y prendre ?

Masser son bébé n’est pas un geste technique, mais instinctif. « Il existe des ateliers de massage pour bébés, explique Cécile Cortet-Pham, mais le but n’est pas d’en ressortir avec une méthode toute faite. Pour les parents, c’est surtout, et avant tout, d’acquérir la confiance en soi et le sentiment d’être capable de reproduire, instinctivement, les mouvements lorsque l’on sera seul. » L’on peut tout à fait avoir l’envie de masser son bébé, mais ne pas oser se lancer. Face à un être si petit et fragile (en apparence), une certaine appréhension est légitime. « Intuitivement, nous sommes aptes à savoir ce que nous pouvons faire ou non, mais pour certains d’entre nous, il est important que les gestes soient validés, cautionnés par une personne experte. » Grâce aux ateliers, les parents qui le désirent pourront apprendre quelques gestes, mais surtout, s’assurer de leur capacité propre à masser leur enfant.

Lorsque le massage devient une habitude, il s’instaure très vite comme un rituel, un rendez-vous tendresse entre le parent et l’enfant. « On commence souvent la séance de massage en parlant à son bébé, en lui disant ce que l’on va faire, puis on prépare les accessoires (les huiles, la couverture…), on enlève ses bagues, ses bracelets. Autant de signes que l’enfant repère et qui lui permettent de se mettre en condition. » Et pour savoir qu’un bébé aime les massages ? « Il suffit en général de l’observer pendant ce temps de préparation. S’il montre son enthousiasme, vous fait des sourires, gazouille, c’est sa façon à lui de vous dire que ce qu’il attend lui plaît. Tout simplement. »

Les 5 règles d’or d’un massage réussi

- Choisir le bon moment : Pour soi, comme pour son enfant, le massage doit rester un moment de partage et de bien-être. Il ne doit donc pas être forcé ou réalisé à contrecœur, dans la précipitation et le stress.

- Être bien installé : Impossible de se détendre dans une position inconfortable. Que l’on choisisse de masser son bébé debout devant la table à langer, à genoux sur le sol ou assis sur son lit, l’essentiel est de se sentir à l’aise.

- Soigner l’ambiance : Même s’il est possible de masser un bébé à travers ses vêtements, celui-ci est en général déshabillé, d’où l’importance que la pièce soit bien chauffée. La lumière peut être tamisée.

- Éviter les stimulations extérieures : Le bruit (de la télévision, de la rue…), empêche la décontraction, alors qu’au contraire, une musique douce la favorise. Les jouets aussi peuvent être éloignés, pour permettre à l’enfant de rester centré sur ses sensations.

- Se concentrer sur ses gestes : Si le massage n’est pas forcément technique, il doit néanmoins être réalisé avec soin. Le bébé sera plus confiant et rassuré si les gestes sont fermes et sûrs. De plus, il est préférable de toujours opérer de manière symétrique (une jambe puis l’autre, un pied puis l’autre…), afin d’aider plus encore l’enfant à prendre conscience de son corps et de ses membres.